Renforcer les capacités pour accompagner l’opérationnalisation
Renforcer les capacités pour accompagner l’opérationnalisation
Le renforcement des capacités des acteurs constitue un pilier essentiel du développement de dispositifs de réutilisation des eaux usées traitées sûrs, durables et adaptés aux territoires. La maîtrise des risques associés à la REUSE suppose en effet des compétences permettant d’appréhender l’ensemble de la chaîne de réutilisation, d’identifier les situations d’exposition, de sélectionner des mesures de gestion appropriées et d’organiser leur mise en œuvre de manière coordonnée.
Dans cette perspective, le COSTEA développe, en partenariat avec le programme Adapt’Action de l’AFD, un dispositif régional de formation consacré à la REUSE, avec un accent particulier sur l’approche multi-barrières et la gestion des risques sanitaires et environnementaux.
Ce dispositif vise à renforcer les compétences des institutions publiques, des gestionnaires, des acteurs agricoles et des professionnels de la formation, afin de soutenir la conception et la mise en œuvre de schémas de REUSE adaptés aux contextes institutionnels, réglementaires et territoriaux des pays concernés.
Dans un contexte de raréfaction croissante des ressources conventionnelles, la réutilisation des eaux usées traitées constitue une ressource stratégique pour sécuriser certains usages de l’eau, notamment en agriculture. Son développement implique toutefois une maîtrise rigoureuse des risques sanitaires et environnementaux ainsi qu’une coordination étroite entre les différents acteurs intervenant dans la chaîne de réutilisation.
La sécurité sanitaire s’appréhende à l’échelle de l’ensemble du système : traitement des eaux usées, stockage, transport, pratiques d’irrigation, choix culturaux, conditions de travail, manipulation des produits agricoles et exposition des consommateurs. Cette approche systémique conduit à combiner plusieurs mesures de réduction des risques selon les caractéristiques de chaque situation.
L’approche multi-barrières, promue notamment par l’Organisation mondiale de la santé, fournit un cadre pour concevoir cette combinaison de mesures. Les barrières peuvent relever du traitement de l’eau, des techniques d’irrigation, des pratiques agricoles, de l’organisation des usages ou des mesures appliquées après la récolte. Leur association permet d’atteindre les objectifs de protection sanitaire en tenant compte des usages, des populations exposées et des caractéristiques propres à chaque territoire.
Les formations du COSTEA contribuent ainsi à développer une culture commune de la gestion des risques entre les secteurs de l’eau, de l’assainissement, de l’agriculture, de la santé, de l’environnement et de la formation. Elles favorisent également l’appropriation de méthodes permettant de traduire les principes de la REUSE en dispositifs opérationnels adaptés aux réalités nationales et locales.
Avec l’appui du programme Adapt’Action, le COSTEA développe un parcours régional de formation fondé sur l’apprentissage par l’action, l’analyse de situations concrètes et les échanges d’expériences entre professionnels.
Le dispositif pédagogique associé :
La pédagogie repose sur des méthodes participatives et sur la mobilisation des connaissances professionnelles des participants. La diversité des profils représentés ( administrations publiques, acteurs agricoles, gestionnaires, chercheurs et professionnels de la formation) constitue une ressource pour confronter les approches, analyser les contraintes de mise en œuvre et élaborer collectivement des réponses adaptées.
Tunisie
Novembre 2025
La première formation régionale du COSTEA consacrée à l’approche multi-barrières s’est tenue à Monastir, en Tunisie, en novembre 2025.
Elle a réuni des participants issus de plusieurs pays et représentant des profils complémentaires : responsables institutionnels, acteurs de projets agricoles et professionnels de la formation. Le programme a combiné l’utilisation du jeu sérieux AMBRE, des apports scientifiques et méthodologiques, des échanges d’expériences et une visite du périmètre irrigué par des eaux usées traitées de Ouardanine.
Cette première session a également permis de tester et de capitaliser une démarche pédagogique destinée à être adaptée et déployée dans d’autres contextes nationaux.
Jordanie
Septembre 2026
Une deuxième session est organisée en Jordanie en septembre 2026, avec l’appui du programme Adapt’Action. Elle s’inscrit dans une logique de transfert et d’adaptation de la démarche développée en Tunisie aux caractéristiques de la REUSE en Jordanie. Les situations étudiées, les acteurs mobilisés et les mesures de gestion des risques sont ainsi définis à partir du contexte institutionnel, réglementaire, agricole et territorial jordanien.
Maroc
2027
Cette étape vise à constituer progressivement un réseau de formateurs et de personnes ressources capables de déployer la démarche au sein de leurs institutions, d’accompagner de nouvelles sessions nationales et de contribuer à la diffusion des bonnes pratiques en matière de gestion des risques liés à la REUSE.
Le dispositif de formation s’inscrit dans une perspective de capitalisation et de coopération régionale. La mise en réseau des participants, la formation de formateurs, le partage des ressources pédagogiques et la capitalisation des expériences doivent favoriser l’émergence d’une communauté régionale de pratique autour de la REUSE.
L’objectif est de consolider les liens entre connaissances scientifiques, expérience opérationnelle, formation et décision publique, et à accompagner progressivement l’intégration de la gestion des risques dans les stratégies et les dispositifs nationaux de réutilisation des eaux usées traitées.