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Introduction de compteurs et de cartes à puce prépayés pour la facturation du service de l’eau dans les périmètres d'irrigation

Terrain de l’innovation

Au Bangladesh, en particulier dans la division de Rajshahi, l’utilisation du compteur et de cartes prépayés est fortement encouragée par le ministère de l’agriculture via l’autorité de développement polyvalente de Barind (BMDA).

 

Résumé

Il s’agit d’un système informatisé de collecte automatique des charges d’irrigation. Cette technologie permet aux agriculteurs d’accéder à l’eau d’irrigation à la demande et selon leurs moyens. Les systèmes de pompage prépayés sont particulièrement utilisés dans le cadre de mobilisation des eaux souterraines grâce à des forages collectifs profonds, mais aussi sur des systèmes collectifs de motopompes puisant directement dans les canaux (khals).

Le système de compteurs prépayés se compose de deux parties :

  • Les compteurs prépayés et les cartes à puce,  
  • Le serveur de base de données et le système de mise en réseau.

Le compteur prépayé est également une unité de mesure de l’énergie qui fonctionne selon différents modes : (i) mode de consommation d’énergie – il déduira de l’argent en fonction de la consommation d’énergie, (ii) mode de consommation de temps – il déduira de l’argent en fonction de la consommation de temps et (iii) capacité de débit de l’unité de pompage.

Emergence de l’innovation

Le système de prépaiement de la redevance d’irrigation a été introduit pour la première fois par l’Autorité de développement polyvalente de Barind (BMDA) au Bangladesh, qui est une des différentes instances au Bangladesh en charge du développement et de la gestion de l’irrigation , comme le Conseil de développement de l’eau du Bangladesh (BWDB) ou la Société de développement agricole du Bangladesh (BADC).

La BMDA a été créé le 15 janvier 1992. Depuis sa création, la BMDA s’est impliquée dans l’exploitation des eaux de surface, le pompage des eaux souterraines par DTW (Deep Tube Well) à des fins d’irrigation, l’aménagement de routes rurales, de tunnel, de ponts, la construction de barrages, le curage de Khal/khari/étang et la plantation à grande échelle, etc. La BMDA est la première organisation à avoir introduit le système de compteurs prépayés pour les lignes électriques triphasées. Le système de compteurs prépayés, qui s’étend actuellement sur 124 Upazilas de 16 districts, est géré par la BMDA. Les réparations du système, par exemple pour les 16 072 compteurs, sont effectuées sous contrat avec une société privée (actuellement Sanakosh Associates Ltd). Le système a été fourni et installé par Wasion Group, Chine.

La fixation de la redevance d’irrigation et sa collecte est un processus très compliqué dans la plupart des pays en développement, en particulier en Asie du Sud-Est. La viabilité financière et la durabilité du système d’irrigation sont donc un problème majeur. La BMDA a testé entre 1985 et 2004 différents systèmes de redevance pour l’eau agricole : comme la redevance basée sur la surface des parcelles irriguées, le coupon de redevance d’irrigation de différentes valeurs monétisées pour la fourniture d’eau d’irrigation, mais aucun système n’a été réellement concluant. Finalement, en 2005, quelques ingénieurs de la BMDA ont eu de longues sessions de brainstorming sur la façon de résoudre le problème. Les ingénieurs de la BMDA se sont engagés auprès du Ministère de l’Agriculture à ce que l’autorité fasse fonctionner les équipements d’irrigation sur la base d’un modèle autofinancé et durable. L’autofinancement du service d’irrigation signifie que les revenus liés au recouvrement des redevances couvrent les coûts totaux d’exploitation et d’entretien des unités de pompage. Les coûts d’exploitation et d’entretien comprennent les dépenses d’exploitation et d’entretien, les factures d’électricité, le remplacement des unités de pompage d’irrigation, les traitements et salaires de l’ensemble du personnel technique et non technique et les cotisations de retraite de l’ensemble de la main-d’œuvre employée.

Un groupe d’une dizaine de personnes, composé de techniciens et d’experts en gestion de l’irrigation, a été constitué pour proposer et définir les modalités d’un système de redevance durable. Les avantages et inconvénients des différents systèmes possibles ont été analysés afin d’aboutir à une décision finale en 2005. La plupart de ces penseurs, planificateurs et exécutants du système alors proposé étaient issus des zones de projet concernées. Les principaux initiateurs de la politique comprenaient le personnel suivant :

  1. Dr. Asaduz Zaman – Ingénieur en irrigation et PDG de BMDA, le principal initiateur et développeur de la politique de redevance.
  2. M. Khalequzzaman – Ingénieur mécanique senior – membre du groupe de réflexion et de l’équipe de mise en œuvre.
  3. M. Sultan Mahmud Sarker – Ingénieur mécanique principal – membre du groupe de réflexion et de l’équipe de mise en œuvre.
  4. M. Abu Taleb Bhuyan – Ingénieur d’irrigation principal et analyste critique des différents systèmes d’irrigation.
  5. M. Tofazzul Sarker- Ingénieur informatique
  6. M. Moinuddin Ahmed- Electricien principal

Sur la base de ces travaux, le système de compteurs prépayés a été lancé en 2005 pour résoudre certains des problèmes constatés tels que la distribution de coupons, le problème de la conservation des coupons, la fraude financière de certains agriculteurs, etc. Dans le nouveau système, un compteur prépayé est installé au niveau de chaque forage profond. Une carte prépayée est fournie à chaque usager de l’eau avec sa photo et un numéro d’utilisateur. Le nombre requis de fournisseurs/distributeurs de cartes est désigné dans chaque bureau de la BMDA pour chaque Upazilla. Chaque fournisseur/distributeurs dispose d’une unité de recharge de crédit. Les fournisseurs/distributeurs se rechargent en crédits depuis le bureau Upazilla de la BMDA selon les besoins. De même, les agriculteurs peuvent recharger en crédit leur carte auprès des fournisseurs/distributeurs, puis prendre de l’eau en insérant la carte de recharge prépayée dans la fente du compteur. Dans ce système, il n’y a aucune possibilité de fraude. Les charges d’irrigation et le gaspillage de l’eau ont été réduits et la fraude financière de certains agriculteurs a été arrêtée.

Par la suite, la Banque Asiatique de Développement (BAD) a embauché la plupart des membres du personnel qui ont pris part au brainstorming initial afin de mettre à profit leur expérience dans d’autres projets d’irrigation de la région, au Bangladesh, au Népal et en Inde.

Solution(s) apportée(s) par l’innovation

L’innovation se compose de deux éléments principaux :

Le compteur prépayé :

Chaque agriculteur possède une carte d’utilisateur avec sa photo, son nom et un numéro d’utilisateur fourni par la BMDA. Ensuite, pour chaque station de pompage, les agriculteurs utilisent un compteur prépayé avec un écran LCD qui est liée au compteur de mesure d’énergie. Le mode de consommation des compteurs prépayés ainsi que la puissance, le débit, ou le tarif horaire sont configurés grâce à une carte spécifique (carte de configuration/paramétrage). L’agriculteur peut approvisionner sa carte du montant de son choix dans les bureaux locaux de la BMDA ou auprès d’un fournisseur/distributeur. Chaque bureau local dispose d’une station de vente (VS : Vending Station ) et chaque fournisseur/distributeur dispose d’une unité mobile de vente (MVU : Mobile Vending Unit) pour faciliter le chargement des cartes des agriculteurs.

Les agriculteurs/utilisateurs se rendent chez le fournisseur/distributeur affecté à la zone et font leur demande (crédit à approvisionner sur leur carte d’utilisateur). Après avoir approvisionné sa carte, il se rend à la station de pompage le concernant, insère sa carte dans la fente du compteur. Le compteur démarre alors automatiquement. Une fois sa demande satisfaite, il appuie sur le bouton du compteur et retire sa carte. Après un ou deux jours d’intervalle, un responsable de la BMDA se rend à la station de pompage et insère sa carte de contrôle dans la fente du compteur, qui télécharge automatiquement toutes les informations relatives aux opérations de pompage précédentes. C’est ainsi que le responsable de la BMDA connaît toutes les informations sur l’utilisation des pompes.

S’il est nécessaire de modifier le mode de tarification ou le taux de tarification du compteur, comme le tarif horaire, le tarif en fonction de la puissance ou du débit, il est possible de modifier les paramètres en utilisant la carte de configuration/paramétrage. La carte de configuration/paramétrage est fournie par le bureau upazila (zonal) du district concerné.

Pour une mise à jour et un contrôle continu des données collectées, toutes les VS sont connectées à une unité de gestion centrale (SMS : System Master Station) qui est située au siège de la BMDA. Ainsi, le siège social sera automatiquement en mesure de connaître toutes les informations relatives aux fournisseurs/distributeurs. Le rapport de vente quotidien, le rapport de consommation hebdomadaire, le rapport de vente par les fournisseurs/distributeurs, etc. peuvent être générés à partir de l’unité de gestion centrale. En plus de la génération de rapports, le contrôle global des VS est garanti à partir de l’unité de gestion centrale.

La base de données et le système de mise en réseau :

Pour stocker l’ensemble des données telles que : les informations sur l’utilisateur, les informations sur la facturation, les informations sur le compteur, etc. la BMDA utilise une unité de gestion centrale appelée SMS (System Master Station). Pour stocker toutes les données, il y a une base de données appelée SQL Server et pour charger la carte d’utilisateur ils utilisent un logiciel de base de données appelé PMS (Payment Management System). L’ordinateur principal avec l’unité de gestion est installé au siège de la BMDA. Chaque bureau upazilla contient une VS (Vending Station), qui est un ordinateur connecté à l’unité de gestion centrale (SMS) via la ligne téléphonique. La VS est utilisée pour charger ou télécharger les informations du compteur. La connexion internet permet de collecter les informations de la VS et de les envoyer vers l’unité de gestion centrale (SMS).Cette connexion se fait grâce à un réseau privé virtuel (VPN).

En bref, les solutions apportées par l’innovation sont les suivantes :

  • Le compteur prépayé est un compteur équipé d’un système d’enregistrement spécifique. Il permet de lire et d’enregistrer facilement les heures de fonctionnement, les heures totales de fonctionnement, la consommation unitaire par heure, etc. Il est donc très pratique et techniquement plus facilement exploitable que le compteur d’énergie post-payé.
  • Il est géré par un système informatisé. Il peut donc facilement transférer les données de sa mémoire à la carte de configuration/paramétrage. Sa fiabilité est évidente, et permet l’obtention d’informations précises.
  • Comme ce compteur ne fonctionne qu’en insérant une carte prépayée créditée, il n’y a aucune possibilité d’irrigation sans carte prépayée.
  • toute l’eau fournie est payée à l’avance ;
  • il n’y a pas de possibilité de contourner le compteur ;
  • le système est totalement transparent, avec des contrôles et des procédures en place pour lutter contre la fraude ;
  • Les gens ne peuvent pas contraindre l’opérateur à fournir de l’eau gratuitement ;
  • Les agriculteurs ne sont plus à la merci des propriétaires fonciers qui pourraient contrôler les forages;
  • Comme il est possible de contrôler le compteur prépayé en vérifiant les données enregistrées, une surveillance étroite est possible.
  • Comme ce système a un contrôle direct sur les opérations de pompage DTW (Deep Tube Well Irrigation), il n’y a aucune possibilité pour les propriétaires fonciers peu scrupuleux d’exploiter les agriculteurs les plus démunis.
  • ce système, permet de gérer plusieurs forages (DTWS) à la fois.
  • Il n’y a pas de malentendu ou de volonté de négociation de la part de l’opérateur au moment de la certification de l’unité par le SSAE/SAE/Asst. mécanicien/mécanicien.
  • la qualité du service est améliorée grâce à la haute technologie.
  • Les redevances d’eau prépayées sont directement collectées au niveau de la BMDA, ce qui permet d’assurer la durabilité de la BMDA.

Avantages pour les usagers

Avantages pour le fournisseur de services d’eau

  •  Ils apprécient le nouveau système
  • Le système est facile à utiliser et transparent
  • ils peuvent contrôler leur propre consommation
  • ils peuvent contrôler leur budget
  • il n’y a pas de frais minimums
  • Le système ne nécessite aucun dépôt ou avance à la charge de l’usager
  • les factures ne sont plus contestées
  • tenue d’archives automatisée
  • De l’eau à la demande, que ce soit la nuit ou le jour.
  • un paiement anticipé,
  • l’amélioration des flux de trésorerie,
  • des frais généraux moins élevés (pas de relevé de compteur ni de facturation),
  • l’augmentation des revenus pour le gestionnaire (100% de recouvrement)
  • protection anti-sabotage
  • de meilleurs services aux usagers
  • tenue d’archives automatisée

 

Historique d’évolution depuis l’émergence

La viabilité financière est un aspect très important pour réaliser des systèmes d’irrigation durables, surtout dans les pays en développement. Ainsi, différents types de contraintes sont apparus au cours de la période de planification et de mise en œuvre du concept, notamment dans les phases initiales. Ces contraintes étaient de différentes natures : techniques, financières, sociales et politiques :

  1. Technique – Aucun organisme n’avait d’expérience préalable dans la mise en place de ce système pour des projets d’irrigation pas même les soumissionnaires d’Inde, de Chine et de Malaisie ayant répondus à l’appel d’offre pour la fourniture et l’installation du système de comptage prépayé lancé en 2005. Ils n’avaient pas d’idée précise sur la façon de procéder, mais ils ont souhaités valoriser leurs connaissances techniques. Ils ont présenté différents scénarios et la BMDA et leur a demandé de faire une démonstration dans un forage profond sur le terrain. Un soumissionnaire a demandé un délai supplémentaire pour la démonstration et les deux autres (soumissionnaire indien et chinois), ont participé à la démonstration sur le terrain. La société indienne à rencontré quelques problèmes techniques et a demandé une prolongation. La société chinoise a fait une démonstration pratique du pompage dans un forage jusqu’au recouvrement de la redevance. Les experts chinois qui ne parlaient pourtant pas l’anglais ont de manière surprenante montrés avec succès aux ingénieurs de la BMDA l’opérationnalité du système. Aujourd’hui encore cette entreprise chinoise fournit, installe et entretient le système spécifique aux zones d’irrigation.
  2. Financier – Comme la BMDA prévoyait de mettre en œuvre ce concept de compteur prépayé à titre expérimental, elle n’a pas pu soumettre de proposition de projet au gouvernement. Le directeur général de la BMDA a décidé que la BMDA procederait elle meme au financement de leur projet. Au départ, 500 forages ont été sélectionnés près du siège social afin que tout problème survenant pendant l’opération puisse être résolu immédiatement. Deux Upazials ont été sélectionnés avec environ 450 forages. 50 compteurs prépayés étaient prévus en stock afin de répondre à tout service d’urgence.
  3. Social – Les agriculteurs ordinaires n’étaient pas prêts à accepter ce nouveau concept et cette nouvelle pratique de pré payement du service couplé à un système de comptage. Ils préféraient s’en tenir à la pratique précédente, quel que soit son impact positif ou négatif. Cependant, après de nombreuses discussions de groupe, ils ont accepté de faire l’experience pendant une saison d’irrigation. Une fois la saison d’irrigation terminée, ils étaient convaincus. Les opérateurs de forages et les gestionnaires de groupements étaient également très réticents à l’introduction du nouveau système car ils y voyaient la perte d’un certain nombre d’avantages qu’ils avaient acquis par des pratiques peu scrupuleuses concernant la manipulations sur les temps rééls de fonctionnement des pompes et le recouvrement des charges . Par la suite, les agriculteurs ont constaté qu’ils dépensaient moins d’argent par surface irriguée. Les agriculteurs sont maintenant très prudents et ne prennent pas plus d’eau d’irrigation que ce dont ils ont besoin. L’efficacité de irrigation a augmenté de façon spectaculaire.
  4. Politique – Ces groupes concernés par les différents forages de ces deux Upozillas ont convaincu leurs représentants politiques que le nouveau concept de compteur prépayé pourrait causer la défaite de leurs députés aux prochaines élections. Les députés se sont adressés à la BMDA pour lui demander de ne pas installer le système de compteurs prépayés dans leurs circonscriptions. Cependant, les députés ont finalement à contrecœur du accepter l’installer du système au moins pour une saison. Après une saison d’irrigation, les députés ont observé que les agriculteurs étaient très heureux de voir leurs dépenses d’irrigation réduites et ont finalement encouragé les ingénieurs de la BMDA à introduire le nouveau concept de système de comptage prépayé. Aujourd’hui, le scénario est totalement opposé. Dans toutes les régions, les députés demandent pourquoi la BMDA tarde à installer un compteur prépayé dans les forages nouvellement creusés. Actuellement, cent pour cent des forages fonctionnent avec un système de comptage prépayé.

Plusieurs milliers de compteurs prépayés ont été installées au Bangladesh et des dizaines de milliers de cartes prépayées ont été distribuées aux bénéficiaires des infrastructures. L’analyse des différents paramètres du système d’irrigation montre une très bonne image après l’installation du système de comptage prépayé et des cartes à puce. Une étude comparative détaillée a été entreprise dans les zones du projet équipées, exploitées et gérées par la BMDA. Le tableau suivant montre les changements positifs spectaculaires qui ont eu lieu après l’installation des compteurs prépayés.

Paramètre

Avant le pré-paiement

Après le compteur prépayé

Comparaison

Coût d’irrigation/ Ha. (BDT)

11,040

5,440

51% d’amélioration

Coût d’irrigation/Ha. (USD)

138

68

51% d’amélioration

Consommation moyenne d’eau/Ha. (pouce)

82

59

28% d’amélioration

Eau nécessaire /Kg de production de riz Boro. (Litres)

3400

2250

34% d’amélioration

Rendement moyen: Rendement / Ha. (Kg)

6,084

6,602

34% d’amélioration

Gain moyen: Gain /Ha. de riz de Boro (BDT)

31,200

44,480

43% d’amélioration

Moy. Gain /Ha. du riz de Boro (USD)

390

556

43% d’amélioration

Zone irriguée / Puits en Ha

30

39

Augmentation de 30%.

Nombre d’usagers de l’eau/ forage

70

89

27% d’augmentation

Frais d’irrigation/forage en BDT

254,960

286,560

12% d’augmentation

Redevance d’irrigation/forage en USD

3,187

3,582

12% d’augmentation

Heures annuelles de fonctionnement /forage (moyenne)

2,884

3,132

Diminution de 9%.

Facture annuelle d’électricité / puits en BDT

129,040

117,360

Diminution de 9%.

Facture annuelle d’électricité en USD

1,613

1,467

Diminution de 9%.

Source: Participatory Irrigation Management : Barind Model a New Sustainable Initiative ; Center for Action Research-Barind, Bangladesh / Asian Development Bank, Bangladesh, Asaduz Zaman;2019.

L’utilisation de ce système permet aux agriculteurs d’économiser près de 30% des coûts d’irrigation (irrigation raisonnée) et de réduire l’utilisation de l’eau de près de 40% (paiement au volume consommé). La mise en place de ce système a permis une augmentation de la production, une modification de la rotation des cultures, tout en limitant l’impact de l’irrigation sur l’environnement et en garantissant un taux de recouvrement de 100% pour les gestionnaires de pompes.

Les chiffres suivants donnent une image détaillée de l’installation des compteurs prépayés par la BMDA :

  • 124 Upazila gérés par la BMDA.
  • 15 794 DTW (forages profonds) équipés avec compteurs prépayés
  • 550 de LLP (Low Lift Pump) équipées de compteurs prépayés.
  • 3 DTW, 169 LLP et 571 puits sont connectés à des panneaux solaires.
  • Où le total des 15 794 DTWs , 601 LLPs et 638 Dug wells Sont maintenant équipés

Avis des usagers / éléments d’acceptation de l’innovation

Bien que le système de coupons, également utilisé au Bangladesh, soit désormais bien connu et réputé, il présente certaines limites pour aider les agriculteurs à bénéficier directement des avantages. Maintenant, le compteur prépayé permet une totale transparence sur les frais d’irrigation et permet un control rapide à plusieurs points. Les droits d’eau d’un agriculteur sont établis par la recharge de la carte prépayée et les agriculteurs les plus démunis ne peuvent plus être exploités par les propriétaires fonciers ou les opérateurs, les chefs de groupe ou les gestionnaires.

Eléments d’appréciation économique de l’innovation

Coûts des différents composants des compteurs à prépaiement :

Sl. Non.

Articles

Prix unitaire (US$)

1.

Carte à puce

2.00

2.

Outil de réparation

578.00

3.

Carte de grande capacité

46.00

4.

Lecteur de cartes

625.00

5.

Unité de vente mobile

348.00

6.

Imprimante de cartes

2804.00

7.

Ruban pour imprimante à cartes

196.00

8.

Unité de mesure de l’utilisation de la pompe et de l’énergie prépayée

300.00

9.

Installation et mise en service d’une unité prépayée de mesure de l’utilisation des pompes et de l’énergie.

35.00

10.

Disjoncteur mécanique

35.00

11.

Ordinateur serveur

7593.00

12.

Compteur prépayé avec les accessoires nécessaires, y compris le MCB et le boîtier du compteur.

505.00

13.

Carte mère (unité de vente mobile)

327.00

14.

LCD (unité de vente mobile)

57.00

15.

Clavier (unité de vente mobile)

24.00

16.

Formation du personnel

2921

 

Total

16,361

Note :

  1.  Il s’agit des prix unitaires des différents composants ;
  2. Certains articles ne sont requis qu’une seule fois et d’autres en assez grand nombre ;
  3. De nombreux éléments dépendent de la zone de commandement des systèmes d’irrigation.

Les avantages économiques de l’innovation sont :

  • Collecte d’argent supplémentaire auprès des usagers de l’eau par les gestionnaires du programme ou par les exploitants des forages profonds.
  • Les utilisateurs d’eau sont très attentifs à ne pas appliquer de l’eau d’irrigation inutilement sur leurs parcelles, car plus d’eau signifie moins d’argent en poche.

Persepctives d’évolution de l’innovation

Le système tombe en panne lorsqu’il n’y a pas d’électricité, mais il en va de même pour les pompes électriques. Toutes les pompes sous responsabilité de la BMDA sont des pompes électriques. Il y a des problèmes de fiabilité de l’électricité mais les agriculteurs gèrent un système de secours informel qui pompe à partir des étangs et des khals. Les agriculteurs comprennent les limites de l’électricité et certains secteurs ne sont pas entièrement cultivés en raison du nombre limité d’heures d’électricité disponible.

Actuellement, la situation de l’électricité au Bangladesh s’est beaucoup améliorée et une priorité spéciale est accordée aux équipements d’irrigation dans tout le pays pendant la saison d’irrigation. De plus, la BMDA a introduit des sources d’énergie solaire pour l’irrigation et a obtenu des autorités d’être prioritaire.

Conditions de diffusion de l’innovation et de réplicabilité

La Banque Asiatique de Développement (ADB) ayant visité la zone de la BMDA à plusieurs reprises et ayant eu des discussions avec les usagers de l’eau, a maintenant adopté une politique selon laquelle pour tout prêt ou subvention concernant des nouveaux projets d’irrigation le modèle de la BMDA devra être reproduit. Ce qui a déjà été le cas pour d’autres projets d’irrigation aidés au Bangladesh (projet d’irrigation Muhuri pour 850 unités de pompage), au Népal (projet de développement des eaux souterraines du Teraï initialement pour 1000 puits tubulaires), en Inde (projets d’irrigation Madhaya Pradesh) et .

Risques associés, externalités négatives

Critique (au stade initial) :

  • L’une des principales critiques portait sur les moyens pour les agriculteurs obtenir de l’argent liquide nécessaire à la recharge des cartes.
  • Le changement des anciennes pratiques est assez difficile pour les agriculteurs car ils sont toujours préoccupés par l’introduction de tout nouveau concept.
  • Les agriculteurs avaient l’habitude de cultiver sur la base de contrats avec les prêteurs informels et de contrats non écrits avec le gestionnaire et l’opérateur du programme. C’est la raison pour laquelle ces groupes d’intérêt n’étaient pas satisfaits et se sont mis à critiquer le nouveau système proposé.

Risques :

  • L’acceptation du nouveau système est toujours une aventure risquée, surtout dans une société conservatrice.
  • Le concept d’introduction d’un compteur prépayé n’était pas totalement connu des ingénieurs au stade initial, d’où le risque d’échec.
  • La détérioration du compteur prépayé installé au niveau de la station de pompage, la plupart des unités de pompage ayant été installées en dehors des villages.

les précautions à prendre pour la mise en œuvre de l’innovation

  • Dialogues avec les différentes parties prenantes avant d’entreprendre des installations sur le terrain.
  • Démonstration aux usagers de l’eau avant d’entreprendre les travaux proprement dits.
  • Motivation par le biais de discussions de groupe avec les utilisateurs de l’eau et les représentants de la population des zones concernées.

Ressources additionnelles

http://www.bmda.gov.bd

https://agricultureandfarming.wordpress.com/2013/01/01/prepaid-metering-system-in-irrigation

https://thefinancialexpress.com.bd/national/country/rajshahi-farmers-taking-up-pre-paid-card-irrigation-system-1526020940

https://www.hrpub.org/download/20191130/UJM3-12114076.pdf

Note: Toutes les photos ont été prises par Benjamin VENNAT à l’exception de celle intitulée « composants du compteur prépayé ».

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