Ce diagnostic institutionnel spécifique de la Société Nationale d’Aménagement et d’Exploitation des Terres du Delta du fleuve Sénégal est le résultat d’un travail conduit dans le cadre du chantier Rôles et place des sociétés d’aménagement dans le développement de l’irrigation en Afrique de l’Ouest, qui s’ancre dans l’axe Gouvernance des Systèmes Irriguées du COSTEA. Ce chantier intervient au moment où les états sahéliens connaissent une relance des investissements dans l’irrigation mais où les modèles existants sont questionnés. Ce travail vise à partager une analyse des forces etfaiblesses d’un type d’organisation au travers de laquelle les politiques publiques de l’irrigation sont mises en place dans le territoire, la ‘Société d’Aménagement’.

Le travail a consisté à évaluer l’impact des nouvelles dynamiques foncières sur la gestion de l’eau dans la zone de production de M’Béwani en zone Office du Niger, au Mali, et proposer des solutions d’amélioration.

Les dynamiques sont premièrement l’arrivée de nouveaux investisseurs suite à l’appel fait par l’Etat malien et deuxièmement le développement des pratiques informelles. Afin d’atteindre cet objectif, nous avons effectué des enquêtes de terrain sur un échantillon d’acteurs du monde rural : les exploitations agricoles en fonction du statut (exploitations familiales et détenteurs de baux), la taille de la superficie exploitée (petite, moyenne ou grande) et des responsables maliens des structures de développement rural (agents de l’Office du Niger et du CRRA) intervenant dans la zone.

De l’analyse des résultats obtenus des enquêtes, il ressort que :

  • Seule l’arrivée de l’investisseur COVEC a été un facteur prépondérant dans le développement des pratiques informelles dans la zone de production de M’Béwani;
  • Il existe une mauvaise gestion de l’eau due au mauvais entretien des réseaux. cela se remarque chez les attributaires officiels de l’Office du Niger et les nouveaux acteurs (sous-locataires) ;
  • Les exploitants développent des pratiques informelles pour plusieurs raisons (besoins familiaux, pressions foncières, qualité des aménagements…), certaines de ces pratiques impactent négativement la gestion de l’eau.

Des solutions allant du changement de comportement des agriculteurs à l’application et/ou la révision des textes et lois régissant la terre en zone Office du Niger peuvent réduire ou circonscrire les pratiques informelles néfastes.

L’Agence Française de Développement (AFD) s’est impliquée de façon ininterrompue dans l’appui au développement du secteur de l’irrigation au Cambodge depuis le milieu des années 1990. Cette implication a commencé par un projet de réhabilitation des polders de Prey Nup, qui deviendra rapidement iconique du fait de l’extension des surfaces irriguées, des gains en production et productivité, et du renforcement des capacités et de l’organisation des producteurs qu’il permit.

Les modalités d’intervention se sont ensuite diversifiées et visaient plus explicitement à contribuer à l’élaboration d’un cadre de politique publique sectorielle basé sur un principe, celui d’un partage des responsabilités entre le ministère en charge du portefeuille de l’irrigation (MoWRAM) et les usagers de l’eau (organisés en FWUC). Cette stratégie d’intervention a été construite « chemin faisant », par un noyau de personnes partageant une certaine vision de ce que devait être l’irrigation au Cambodge, et de façon largement empirique pour répondre à des besoins émergeants au fil du temps (à l’opposition d’une vision qui aurait été définie à priori). Outre la réhabilitation de divers périmètres irrigués et la mise en capacité des irrigants à contribuer à leur gestion, les interventions de l’AFD et de ses partenaires ont contribué à (1) la mise en place de différents outils et dispositifs (système d’information sur les systèmes irrigués, fonds de maintenance, ‘apex committees’), (2) la création d’organisations (FWUC, ISC, FWN), et (3) l’élaboration de cadres politiques (sous décret des FWUC, politique de réhabilitation et maintenance des systèmes irrigués) qui peuvent constituer la base d’une politique de développement durable de l’irrigation.

The sustainability and the performance of irrigated systems are important issues. To face these challenges, participatory irrigation management policies were developed worldwide from the end of the 1980s, and from the end of the 1990s in Cambodia. Indeed, the management of irrigated systems by water users associations, in charge of the operation and maintenance (O&M) of the irrigated schemes, was meant to allow better performing systems. Yet, the performance of water users associations depends very much on the institutional support provided to them and on the level of involvement of water users during project design and implementation. The goal of this study is to see to what extent institutional investments in irrigation projects in Cambodia influence the sustainability of irrigated schemes. By comparing the results of 4 different projects, for which institutional support was different, we show that the latter does not have noticeable impact in terms of yield and rice income. However, the results in terms of fee collection, allowing the financing of the O&M of the schemes, differ significantly between the 4 documented projects. In the projects characterized by higher institutional investment, fee collection allows the
funding of around one third of O&M needs. In the other projects, fee recovery only allows the funding of less than 3% of these O&M needs. Therefore, it is likely that institutional investment and support have an impact on the sustainability of irrigated perimeters over the long term. Taking in consideration other indicators and more diverse strategies of institutional support would be necessary to confirm the added value of such institutional investment. Furthermore, the funding of O&M needs still remains an important issue because, even in the schemes that have received a lot of support, water users are not able to meet the full O&M needs

Crée en 1932 et situé au coeur du delta central du Niger en République du Mali, l’Office du Niger (ON) est l’un des plus grands et des plus anciens périmètres irrigués ouest – africains avec près de 112 000 ha aménagés et exploités. La présente étude a porté sur les liens entre les ressources Terre et Eau qui existent dans cette zone, plus précisément à Niono. Elle vise à évaluer l’impact des dynamiques foncières actuelles sur la gestion de l’eau.

Les différents villages enquêtés ont été choisis de manière à couvrir la diversité de la zone en termes de rendements et d’aménagements. Les critères de choix de l’échantillon ont été basés sur les statuts (résident, non-résident) et sur la taille des exploitations (petite ; moyenne et grande).

Il ressort de cette étude que la pression démographique et l’état d’aménagement des parcelles sont les principales causes des dynamiques foncières actuelles qui sont entre autres la sous – location, la location, la vente et l’achat de terre. Ces dynamiques foncières sont qualifiées de pratiques informelles au regard des textes de l’ON.

Plus développées dans les petites et les moyennes exploitations, ces pratiques ont un impact direct sur : l’irrigation, le drainage, l’entretien du réseau tertiaire et le partage de l’eau dans cinq (5) des huit (8) villages enquêtés.

L’étude a également révélé la mauvaise volonté de certains exploitants résidents et non – résidents pour l’entretien du réseau tertiaire et la responsabilité de ceux – ci dans le retard accusé dans les travaux d’entretien de l’ON. Des problèmes de gouvernance ont pu être identifiés, notamment le silence de l’ON face au développement des pratiques informelles et sa responsabilité dans les insuffisances de gestion de l’eau.

The French Development Agency (AFD) has been involved in supporting the development of the irrigation sector in Cambodia since the mid-1990s. This involvement began with the Prey Nup polders rehabilitation projects, which swiftly became iconic given the extension of irrigated areas, the production and productivity gains, and the strengthening of the farmers’ association that the project entailed.

The types and modalities of AFD’s interventions are now multifaceted, with the explicit aim to contribute to the development of a sector-wise public policy framework based on one principle, that of sharing responsibilities between the Ministry in charge of the irrigation portfolio (Ministry of Water Resources and Meteorology of Cambodia (MoWRAM)) and water users (organised in Farmer Water Users Groups (FWUC)). AFD’s intervention strategy was progressively built ‘en route’ by a core group of people sharing a specific vision of what irrigation in Cambodia should be. This largely happened on an ad-hoc basis, and over time, in response to emerging needs (compared to an approach that would have been defined a priori). Besides the rehabilitation of various irrigated schemes and building the capacity of irrigators to help manage these schemes, the interventions carried out by the AFD and its partners have contributed to (1) the implementation of various tools and schemes (information system on irrigation schemes, maintenance fund, ‘apex committees’), (2) the creation of organisations (FWUC, ISC, FWN), and (3) the development of the Cambodian policy framework (FWUC sub-decree, rehabilitation policy and maintenance of irrigated systems), which could be a starting point for a sustainable irrigation development policy.

La présente étude est financée par l’Association Française de l’Eau, de l’Irrigation et de Drainage (AFEID) dans le cadre du COSTEA. Il a été menée dans le périmètre irrigué de Tadla, plus précisément au niveau du secteur pilote (4045 ha) du projet de reconversion de l’irrigation gravitaire à l’irrigation localisée.
Les objectifs de ce travail consistent à une étude critique de la démarche utilisée pour le choix de l’équipement interne des exploitations faisant partie de ce secteur, une évaluation des critères de performance de l’irrigation à l’échelle de l’exploitation agricole et une appréciation de l’impact de l’irrigation localisée sur les prélèvements à partir de la nappe. La démarche adoptée pour effectuer ce travail consiste en :

  • La collecte des données à travers des entretiens avec les responsables et agents de l’ORMVAT et de l’assistance technique aux agriculteurs de la zone de reconversion, d’une part et les enquêtes réalisées auprès des agriculteurs, des AUEA et des sociétés d’installation du matériel d’irrigation, d’autre part ;
  • La mesure et le calcul des paramètres hydrauliques pour l’évaluation des performances des exploitations ;
  • L’inventaire exhaustif des points de prélèvement à partir de la nappe et estimation des volumes pompés au niveau du secteur pilote.

L’étude a révélé que :

D’après les enquêtes réalisées auprès d’un échantillon d’agriculteurs du secteur pilote, une grande partie des exploitants (79 %) n’a aucune connaissance du système d’irrigation localisée et 20% des agriculteurs ont exprimé leurs craintes vis-à-vis de la commercialisation de leurs produits agricoles après la reconversion ;

  • A la base des spéculations pratiquées, les volumes apportés par campagne agricole différent selon la technique d’irrigation, le volume moyen apporté sous gravitaire est de 14094 m3/ha contre un volume moyen de 9010 m3/ha sous goutte à goutte ;
  • Le volume annuel prélevé à partir de la nappe à l’échelle du secteur pilote (4045 ha) est estimé à 10.43 Mm3.
  • Les prélèvements prévisibles à partir de la nappe après la reconversion en cas d’anomalies permanentes dans le réseau et d’augmentation du prix du m3 d’eau seront estimés à 9.54 Mm3.

La réutilisation des eaux usées est aujourd’hui un levier sous-exploité face aux enjeux de déficit en eau et de dégradation des milieux et des conditions sanitaires. La mise en place de projets de réutilisation des eaux usées durables et sécurisés requiert que les acteurs, qu’ils soient gestionnaires ou financeurs, disposent des éléments clés pour anticiper les risques et proposer des solutions adaptées aux usages et aux territoires.

L’agriculture est un secteur qui depuis longtemps valorise les eaux usées brutes, en dehors de toute planification. Aujourd’hui, au Nord comme au Sud, la réutilisation des eaux usées pour l’agriculture intéressent les politiques et décideurs locaux. Des projets de traitement des eaux incluant un volet réutilisation agricole émergent et le besoin de faire évoluer les cadres légaux, réglementaires et institutionnels se font ressentir en même temps que la nécessité d’accompagner et renforcer les capacités de l’ensemble des acteurs.Sur la base de retours d’expériences détaillés, d’une mise à jour des connaissances récentes et d’analyses des pratiques, des freins et des solutions opérationnelles, ce rapport guide et oriente les lecteurs-acteurs dans leur projet. Il propose des recommandations et des perspectives pour de futurs et nécessaires développements de connaissances, de méthodologies ou de technologies.

Centré sur les usages agricoles en zones péri-urbaines de pays en développement, ce rapport aborde ainsi les enjeux (i) de sécurisation des filières de réutilisation d’eaux brutes ; (ii) de choix de filières de traitement adaptées ; (iii) d’impacts sur les ressources ; (iv) des processus politiques, institutionnels et réglementaires ; et (v)d’évaluations économiques et environnementales par des outils d’aide à la décision.