La présente étude est financée par l’Association Française de l’Eau, de l’Irrigation et de Drainage (AFEID) dans le cadre du COSTEA. Il a été menée dans le périmètre irrigué de Tadla, plus précisément au niveau du secteur pilote (4045 ha) du projet de reconversion de l’irrigation gravitaire à l’irrigation localisée.
Les objectifs de ce travail consistent à une étude critique de la démarche utilisée pour le choix de l’équipement interne des exploitations faisant partie de ce secteur, une évaluation des critères de performance de l’irrigation à l’échelle de l’exploitation agricole et une appréciation de l’impact de l’irrigation localisée sur les prélèvements à partir de la nappe. La démarche adoptée pour effectuer ce travail consiste en :

  • La collecte des données à travers des entretiens avec les responsables et agents de l’ORMVAT et de l’assistance technique aux agriculteurs de la zone de reconversion, d’une part et les enquêtes réalisées auprès des agriculteurs, des AUEA et des sociétés d’installation du matériel d’irrigation, d’autre part ;
  • La mesure et le calcul des paramètres hydrauliques pour l’évaluation des performances des exploitations ;
  • L’inventaire exhaustif des points de prélèvement à partir de la nappe et estimation des volumes pompés au niveau du secteur pilote.

L’étude a révélé que :

D’après les enquêtes réalisées auprès d’un échantillon d’agriculteurs du secteur pilote, une grande partie des exploitants (79 %) n’a aucune connaissance du système d’irrigation localisée et 20% des agriculteurs ont exprimé leurs craintes vis-à-vis de la commercialisation de leurs produits agricoles après la reconversion ;

  • A la base des spéculations pratiquées, les volumes apportés par campagne agricole différent selon la technique d’irrigation, le volume moyen apporté sous gravitaire est de 14094 m3/ha contre un volume moyen de 9010 m3/ha sous goutte à goutte ;
  • Le volume annuel prélevé à partir de la nappe à l’échelle du secteur pilote (4045 ha) est estimé à 10.43 Mm3.
  • Les prélèvements prévisibles à partir de la nappe après la reconversion en cas d’anomalies permanentes dans le réseau et d’augmentation du prix du m3 d’eau seront estimés à 9.54 Mm3.

Le développement du marché du faire-valoir indierct, dans la plaine de Kairoaun en Tunisie, illustre l’adaptation des acteurs à leurs contraintes locales en termes d’accès au foncier, à l’eau et au capital, essentiellement.
Les opportunités d’accès à l’eau souterraine et le développement des cultures irriguées destinées au marché local et étranger ont augmenté la valeur marchande de la terre, induisant une forte pression sur celle-ci. Cette dynamique a conduit à l’ouverture d’un large éventail de droits de transfert provisoire des terres par une multiplicité d’arrangements contractuels. Notre travail avait pour objectif de caractériser ces arrangements, comprendre les logiques des acteurs qui les portent et appréhender l’évolution de quelques trajectoires d’acteurs.

Par une démarche systémique et une analyse de diagnostic agraire, réalisées à l’échelle d’une petite localité agricole de Kairouan, la commune de Chbika, nous apportons des éclairages sur les principales pratiques contractuelles agraires qui régissent actuellement l’essentiel des échanges autour du foncier.

Nous montrons que ces pratiques s’articulent essentiellement autour de plusieurs figures du métayage et de la location. Nous détaillons ensuite les différentes règles et facteurs qui régissent et déterminent ces arrangements et les différentes logiques des acteurs selon qu’il s’agisse des preneurs ou des cédants.

Nous mettons également en évidence les anciens arrangements qui ont perdu de leur importance, ou disparus (mgharssa, mouzarâa).

Enfin, nous apportons quelques élements de réponse sur l’évolution de ces arrangements à travers l’analyse de quelques trajectoires d’acteurs par les « récits de vie ». Nous vérifions ainsi dans ce travail l’hypothèse principale d’émergence d’un marché du faire-valoir indirect, diversifié et dynamique, comme principal régulateur de l’accès au foncier et le rôle de l’accès à l’eau souterraine dans son développement.

Les périmètres de grande hydraulique au Maroc utilisent pour l’essentiel l’irrigation gravitaire ou l’aspersion. Dans ces périmètres, plusieurs projets pilotes de reconversion collective à l’irrigation localisée sont en cours. Nous avons mené une étude sur la participation des agriculteurs à la conception d’un projet pilote dans le périmètre du Tadla.
Le projet ne prévoyait pas initialement de gérer l’aménagement de l’irrigation localisée au niveau des parcelles, mais cet aspect a été inclus par la suite. Les associations d’usagers de l’eau ont été redynamisées, avec notamment la nomination de chefs de bloc, qui doivent jouer le rôle d’intermédiaires entre les agriculteurs et le conseil d’administration. De nombreuses réunions d’information et de coordination ont été organisées. Ces différentes initiatives ont permis une bonne qualité de dialogue entre une minorité d’agriculteurs et les acteurs de développement en charge du projet.

Cependant, une majorité d’agriculteurs n’ont pas ou peu participé aux réunions et aux visites de formation sur l’irrigation localisée, et ce, pour trois principales raisons :

  1. une majorité des exploitations enquêtées sont gérées par plusieurs héritiers qui exploitent de façon indépendante des lots séparés, mais utilisent la même borne et ainsi sont peu visibles pour l’administration ;
  2. l’absence de définition initiale d’une méthode explicite pour s’assurer d’une large participation ;
  3. le rôle limité qu’a joué les associations d’irrigants dans la circulation de l’information. Malgré ces limites, l’expérience a aussi été un lieu important d’apprentissage pour l’ensemble des acteurs, avec une amélioration progressive des conditions et résultats de la participation des agriculteurs.

Le manque d’entretien des réseaux de drainage de surface et de subsurface est à la base de nombreux dysfonctionnements et de la faiblesse des rendements sur les systèmes irrigués de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi pour mettre en exergue, de façon pratique et statistiquement argumentée, le point de vue de l’exploitant sur la nécessité du réseau de drainage et les facteurs qui peuvent inciter à son entretien perpétuel, une étude sur la perception de l’entretien du réseau de drainage et sa solution selon les agriculteurs a été menée.

La zone d’étude, d’une superficie de 1347 ha, est la partie amont du périmètre irrigué de Baguinéda constituée par 1849 parcelles de 0.63±0.025 ha en moyenne, et située à 30 km de Bamako, la capitale du Mali. A base d’un échantillon aléatoire stratifié, 48 enquêtes de terrain, utilisant le WASO qui est un outil de calculet d’enquête, ont été menées. La performance actuelle du réseau de drainage a été appréciée par les mesures des 2 drains tertiaires et 1 drain secondaire. 25 mesures d’infiltration du sol, sur 11 parcelles réparties sur toute la zone de Baguinéda Amont, ont permis de cerner le lien entre la perméabilité du sol et l’entretien des drains.

Les résultats d’enquêtes ont montré que les obstacles prioritaires à l’entretien des drains par ordre d’importance sont entre autre i) le manque de coordination entre les voisins sur un même drain tertiaire, ii) la frustration liée àl’insuffisance de l’eau pour l’irrigation, qui induit les barrages et les puits dans les drains (254puits/1374ha), et iii) le manque d’équipements adéquats. Il est ressorti que la culture duriz, préférée par les paysans, n’incite pas à l’entretien des drains. Par ailleurs, il est apparu qu’une bonne performance de production peut inciter à l’entretien, et qu’une petite tailled’exploitation démotive à entretenir les drains. Les agriculteurs ont souligné que la formation, l’appui organisationnel à l’entretien du réseau de drainage afin de faciliter le travail en commun,et les bons équipements sont les meilleures solutions aux problèmes d’entretien des drains.